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Pour une vision audacieuse de l’habitation : le temps de la colocation collaborative

Lettre ouverte aux élu-e-s dans le cadre du Rendez-vous électoral en habitation 2026

Pour une vision audacieuse de l’habitation : le temps de la colocation collaborative

« La crise du logement que traverse actuellement le Québec n’est pas qu’une simple question de volume ; c’est une crise de l’adéquation. L’habitation de demain ne peut plus se limiter au logement individuel. Elle doit être collaborative, inclusive et durable. »

À la veille de l’évènement Habitation 2026 « Rendez-vous électoral en habitation » tenu le 3 septembre 2026, un collectif de citoyens, professionnels de l’architecture, acteurs du milieu communautaire et fondateurs d’initiatives d’habitat partagé a uni ses voix pour interpeller les élu-e-s et les partis politiques du Québec.

Dans une lettre ouverte intitulée Pour une vision audacieuse de l’habitation : le temps de la colocation collaborative, le collectif appelle à lever les verrous réglementaires et législatifs qui étouffent aujourd’hui le développement des milieux de vie partagés et du coliving.


Deux documents de référence à consulter et partager

Pour nourrir le débat public et équiper les décideurs de solutions concrètes, deux documents d’orientation ont été rendus publics :


Le texte intégral de la lettre ouverte

À l’attention des élu-e-s,

La crise du logement que traverse actuellement le Québec n’est pas qu’une simple question de volume ; c’est une crise de l’adéquation. Alors que nos besoins démographiques et sociaux évoluent vers des modèles de vie plus flexibles et mutualisés, notre marché immobilier reste figé dans une production massive de micro-condos individuels, facteur d’isolement social et de coûts prohibitifs.

Dans le cadre de l’évènement Habitation 2026 « Rendez-vous électoral en habitation » du 3 septembre 2026, nous appelons les décideurs à reconnaître et à libérer le potentiel de la colocation collaborative (coliving).

Ce modèle d’habitat partagé intentionnel — bien plus qu’une simple cohabitation — offre une réponse structurante aux besoins des travailleurs, des étudiants, des familles monoparentales, des nouveaux arrivants, des aînés autonomes, des familles choisies et de bien d’autres. Il permet :

  • De mutualiser les coûts pour rendre le logement réellement abordable ;
  • De réduire l’empreinte écologique grâce au partage d’infrastructures communes et d’équipements ;
  • De contrer l’isolement social en favorisant l’émergence de réseaux d’entraide durables.

Cependant, ces projets sont actuellement étouffés par des zones grises réglementaires et des normes obsolètes. Pour permettre l’émergence de ces solutions, nous demandons une action concrète et rapide sur trois axes prioritaires :

1. Modernisation législative

Intégrer formellement l’usage d’« habitat partagé intentionnel » dans la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme et abolir toute discrimination fondée sur le lien familial entre les occupants.

2. Adaptation des codes de construction

Ajuster le Code de construction pour reconnaître la colocation collaborative comme un usage résidentiel autonome ou comme unifamiliale. Cette distinction essentielle évitera d’imposer des normes institutionnelles disproportionnées (conçues pour les maisons de chambres traditionnelles) qui freinent la reconversion et l’optimisation du bâti existant.

3. Agilité municipale et « bacs à sable » réglementaires

Instaurer des « bacs à sable » réglementaires permettant l’expérimentation de projets pilotes et simplifier les règles de zonage pour autoriser cette pratique de plein droit, sans recours à des processus dérogatoires complexes et dissuasifs.


L’habitation de demain ne peut plus se limiter au logement individuel. Elle doit être collaborative, inclusive et durable. Nous invitons les partis politiques à faire preuve d’audace en adoptant des mesures qui faciliteront le déploiement de ces espaces de vie essentiels au tissu social québécois.

Le temps est venu de dépasser les freins bureaucratiques pour bâtir, ensemble, un Québec où habiter rime avec collaborer.


Signataires de la lettre ouverte

  • Maria Kinoshita El Baghir — Conceptrice pédagogique et fondatrice de Nomad Coliving, Hochelaga-Maisonneuve
  • Trine Veiss Mikkelsen — Bâtisseuse de communauté et porte-parole de la colocation collaborative (Lykka), Montréal
  • Ricky Ng-Adam — Informaticien (COHABITAT.CC), Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension
  • Louise Dufour — Chargée de projets communautaires, Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension
  • Benjamin Rankin — Architecte (benjaminrankin.ca), Rosemont-Petite-Patrie
  • François Richard — Informaticien (ecto.coop), Plateau Mont-Royal
  • Michelle Hénault — Artiste-peintre (michellehenault.com), Rosemont-Petite-Patrie
  • Elvira Carhuallanqui — Conseillère de la Ville pour le district de Parc-Extension (elvirac.ca)
  • Thomas Marin — Fondateur du projet Oasis coliving, Montréal

En savoir plus

Pour explorer les arguments techniques et juridiques détaillés, consultez l’étude complète :
👉 « Cadre réglementaire et propositions pour l’habitat partagé intentionnel et la colocation collaborative au Québec ».