« Construire un quartier ne consiste pas seulement à ériger des boîtes en béton, mais à façonner des communautés vivantes capables de porter la transition socioécologique, la mobilité active et la résilience collective. »
J’ai participé hier au café populaire sur le « Travail sur le plan d’aménagement citoyen et communautaire » avec le Comité citoyen et communautaire Bellechasse, dans un effort de consultation pris en charge par RaysideLabossière. La firme Rayside Labossière est surtout connue pour ses conversions de sites et d’édifices religieux, ses logements sociaux et ses méthodes d’accompagnement.
Quoique le site ciblé soit celui de l’ancien garage d’autobus de la STM - Mouvement collectif, les accompagnateurs se sont penchés sur l’ensemble du secteur qui est sujet à redéveloppement pour bien comprendre comment s’insère le projet.
Un projet d’envergure : plus de 900 logements
C’est plus de 900 logements dans un nombre d’édifices de hauteurs variées et disposés de façon à créer une impression organique :
- 900 logements excède largement le seuil minimal de 721 logements (avec les contraintes de densité) et la revendication de 800 logements.
- Le site de l’ancien garage abritera plus de 1 000 personnes.
Échanges et retours d’ateliers
Après la présentation initiale, la trentaine de personnes présentes ont été séparées en trois groupes pour recueillir l’information. Avec peu de compétences citoyennes en architecture, urbanisme et ingénierie, les commentaires recueillis ne peuvent qu’être en surface de cette présentation globale qui pourtant guidera le comité de gouvernance du secteur Bellechasse :
- Mobilité active et accessibilité : Dans les groupes, il y a beaucoup de critiques et de pushback sur la place des vélos dans le complexe. Plusieurs veulent interdire les vélos à l’intérieur du périmètre, soulèvent des problématiques de bruit des stations BIXI Montréal et demandent des stationnements et de la place pour que les autobus pour les gens en mobilité réduite puissent débarquer à la porte de leurs logements.
- Connexion au métro : Ma réflexion à moi était de connecter ce nouveau grand complexe immobilier au métro par un édicule et un tunnel du côté nord-ouest de l’intersection Rosemont et Saint-Denis ; commentaire qui a été immédiatement rejeté comme infaisable par les animateurs parce que le nouvel édicule de la station Rosemont vient d’être construit et qu’on perçoit les budgets d’infrastructures comme trop limités.
- Gestion des matières résiduelles : Questions ouvertes aussi sur la gestion des déchets avec des liens avec des problématiques dans les projets existants de logements sociaux qui ont de la difficulté à faire adhérer les résidents à des programmes de gestion écologique.
La perspective de Cohabitat.cc
Dans la perspective de Cohabitat.cc, avec notre objectif de 25 unités maximum comme étant l’optimum pour construire une communauté, c’est un projet monstre qui intègre peu les idées de construire non pas seulement des boîtes en béton mais aussi des communautés capables de participer à la transition socio-écologique en repensant ressources partagées, mobilité et résilience.
Deux pistes se dégagent pour ce futur quartier :
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Un écosystème d’OBNL pour un véritable village urbain :
L’avenue la plus prometteuse pour le projet est de faire travailler ensemble plusieurs organismes à but non lucratif comme ceux membres de achat-habitation.org avec une distribution de la responsabilité des bâtiments de ce nouveau village à plusieurs organisations travaillant de concert, chacune desservant une clientèle différente et assurant la mixité globale de ce nouveau village urbain. Des citoyens avec des besoins variés pourraient être consultés à l’intérieur du projet qui est le mieux adapté à eux plutôt que de tenter de répondre à l’ensemble des besoins par l’ensemble du projet. -
Planification algorithmique et conception bioclimatique :
La volonté d’avoir des immeubles de tailles et de dispositions variées m’a aussi mis la puce à l’oreille de me pencher sur un planificateur algorithmique pour générer un complexe avec une organisation bioclimatique (disposition et orientation pour que les logements soient chauds en hiver, frais en été).