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Repenser la ville par les communs : retours de la Foire des possibles

Carnet de terrain de la 3ᵉ édition sur la promenade Wellington à Verdun

Repenser la ville par les communs : retours de la Foire des possibles

« La transition socioécologique ne se décrète pas dans des bureaux fermés : elle s’enracine à hauteur d’homme, dans nos rues, à travers des modèles collectifs d’habitat, d’alimentation et d’aménagement urbain. »

De passage à la Foire des Possibles sur la Promenade Wellington à Verdun, plusieurs initiatives ont rappelé que la résilience locale repose d’abord sur la réappropriation citoyenne de nos milieux de vie.

Ambiance conviviale et stands citoyens sur la rue Wellington à la Foire des Possibles La réappropriation citoyenne et festive de la rue Wellington lors de la 3ᵉ édition de la Foire des Possibles.

Trois chantiers majeurs s’en dégagent pour façonner des milieux de vie vivables et solidaires :

1. Alimentation et souveraineté locale

Kiosque et échanges sur le droit à l'alimentation et la sécurité alimentaire L’accès aux denrées saines : un droit fondamental ancré dans les territoires.

Repenser l’accès aux biens essentiels comme un droit fondamental avec des initiatives comme l’Épicerie Le Détour et les travaux de recherche de Jessica Dufresne (Université d’Ottawa).

Le guide d’action supralocale à l’intention des MRC, préparé par docteure Dufresne, souligne la nécessité d’ancrer la sécurité alimentaire dans le droit à l’alimentation et de développer une vision systémique du territoire québécois.

Les leviers municipaux et supralocaux :

  • Outils de planification : mobiliser les Schémas d’aménagement et de développement (SAD), les Plans de développement de la zone agricole (PDZA) et les Plans de développement d’une communauté nourricière (PDCN) pour encadrer et soutenir l’agriculture urbaine.
  • Économie circulaire : lutter contre le gaspillage via les Plans de gestion des matières résiduelles (PGMR).
  • Fonds locaux : mobiliser les Fonds locaux d’investissement (FLI) et le Fonds région et ruralité (FRR).
  • Cadre réglementaire : adapter les règlements pour encourager l’approvisionnement local et garantir l’accès universel à une nourriture saine et durable.

2. Démarchandisation et cohabitat

A. Acquisition et préservation du bâti existant

Présentation de Marc-André Robertson sur la sortie de la spéculation immobilière Marc-André Robertson (HocheLab) : sortir au moins 20 % de l’immobilier du marché spéculatif.

Avec HocheLab, Marc-André Robertson démontre la nécessité de sortir au moins 20 % de l’immobilier du marché spéculatif pour protéger les commerces et les locataires résidentiels.

Alors que le bâtiment le plus écologique est celui déjà construit, financer l’existant demeure plus abordable que le neuf, mais se heurte encore à des programmes de subventions publiques trop axés sur la construction neuve.

Pour rivaliser en agilité et en rapidité avec le secteur privé, le milieu communautaire déploie plusieurs leviers :

  • Le capital patient : alliance entre fonds fiscalisés, programmes de la Ville de Montréal et partenaires d’impact comme New Market Funds.
  • Les Fiducies d’utilité sociale (FUS) : sanctuariser le sol hors des logiques marchandes.
  • Le repreneuriat collectif : mise en œuvre du réseau ACHAT et de la reprise par les employés face aux défis de succession des propriétaires familiaux.
  • La finance citoyenne : si les obligations communautaires offrent un fort levier territorial, la création d’un fonds d’investissement dédié s’avère indispensable pour structurer l’entretien préventif et les fonds de prévoyance à long terme.

B. Milieux de vie partagés : le cohabitat urbain

Atelier sur le cohabitat animé par Justine Bouvier et Raphaël Gonçalves Justine Bouvier (Village Urbain) et Raphaël Gonçalves lors de l’atelier sur le cohabitat.

Justine Bouvier de Village Urbain (dans une session animée par Raphaël Gonçalves) a mis en lumière les fondements du cohabitat (issu du modèle danois du cohousing, arrivé en Amérique du Nord dans les années 1990 via la Californie et l’Ouest canadien) :

  • Entraide et mutualisation des ressources.
  • Design architectural pensé pour les communautés intentionnelles et la convivialité.
  • Pratique de la Communication non-violente (CNV).
  • Gouvernance participative en sociocratie.

Un rappel de lucidité indispensable :

Souvent initiés entre ami-e-s, 90 % des projets échouent sans accompagnement rigoureux. La vie en communauté transforme profondément le quotidien, avec son lot d’exigences relationnelles et d’avantages collectifs.

Cohabitat urbain vs Éco-villages

Elle a également précisé la distinction avec les éco-villages (comme la Cité Écologique de Ham-Nord), tout en illustrant l’ancrage résolument urbain du modèle :

  • Projet Lachine (Montréal) : premier projet livré (58 logements locatifs et 16 unités en condo).
  • Projet Laval : un deuxième projet (100 % locatif), actuellement en recherche active de financement.

Des démarches concrètes qui font directement écho aux missions et aux ressources partagées sur cohabitat.cc.

3. Piétonisation et mobilité active

Panel sur la piétonisation avec Maggie Harvey, Manuel Moreau et Francis Waddell Panel piétonisation : déconstruire 50 ans d’hégémonie de l’automobile solo.

Le panel réunissant Maggie Harvey (Trajectoire Québec), Manuel Moreau (Centre d’écologie urbaine) et Francis Waddell (Demain Verdun) a souligné comment les rues piétonnes ramènent la ville à une échelle humaine face à 50 ans d’hégémonie de l’automobile.

Cela exige de mener une véritable bataille culturelle : déconstruire la normalisation de la voiture solo inculquée dès le plus jeune âge (notamment par le jouet) au détriment de l’urbanisme collectif, de la santé publique et des transports en commun.

Un dialogue improvisé sur la rue Wellington

Intervention remarquée et par pure coïncidence de la mairesse d’arrondissement de Verdun, Céline Audrey-Beauregard, qui passait par là et a pris un moment de son temps personnel pour répondre à l’interrogation du public : pourquoi la rue Wellington ne restait-elle pas piétonne au moins jusqu’à l’Halloween ou même jusqu’à la première neige ? (voir la vidéo).

Échange direct et spontané entre la mairesse Céline Audrey-Beauregard et les citoyens sur Wellington La mairesse d’arrondissement Céline Audrey-Beauregard échange librement avec les citoyennes et citoyens sur la rue piétonne.

Cet échange spontané illustre la fonction profonde de la rue libérée des autos : redevenir une agora démocratique où décisionnaires et citoyen-nes dialoguent sans intermédiaire.

Répertoire des ressources et initiatives citées

Organisation / Acteur Thématique Lien direct
Épicerie Le Détour Sécurité alimentaire solidaire epicerieledetour.org
Dre Jessica Dufresne Droit à l’alimentation Fiche Univ. d’Ottawa • Guide MRC (PDF)
HocheLab (Marc-André Robertson) Préservation du bâti existant hochelab.ca • LinkedIn
Réseau ACHAT Repreneuriat immobilier solidaire achat-habitation.org
New Market Funds Capital patient d’impact LinkedIn
Village Urbain (Justine Bouvier) Projets de cohabitat villageurbain.org
Raphaël Gonçalves Facilitation & sociocratie LinkedIn
Cité Écologique Modèle d’écovillage citeecologique.org
Trajectoire Québec (Maggie Harvey) Transports collectifs trajectoire.quebec • LinkedIn
Centre d’écologie urbaine (Manuel Moreau) Urbanisme participatif ecolecurbaine.com • LinkedIn
Demain Verdun (Francis Waddell) Mobilisation de quartier demainverdun.org • LinkedIn
Céline Audrey-Beauregard Mairesse de Verdun Discussion citoyenne sur Wellington

Vous développez un projet d’habitat partagé ou explorez les communs fonciers dans votre communauté ? Rendez-vous sur cohabitat.cc pour accéder à nos guides et échanger avec le réseau.